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 I used to think I knew what fear felt like # Azrael

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avatarthe emperor
ɤ REGISTRATION : 25/12/2013
ɤ PARCHEMINS : 294
ɤ STATUT DU SANG : Noble.
ɤ CONTRÉE DE NAISSANCE : Forteterre.
ɤ METIER OU FONCTION : Régente des terres des Blackwood.

MessageSujet: I used to think I knew what fear felt like # Azrael   Dim 29 Déc - 20:42


TONIGHT WE WILL DINE IN HELL
Balancés, par les vents hivernaux qui descendaient des montagnes jusqu'aux plaines, ses cheveux sombres donnaient la mesure à la colère des cieux qui jamais n'avaient semblé aussi longue. Menace certaine de ce ciel sombre dont les rayons salvateur et chaleureux du soleil ne savaient traverser l'épaisse couche de nuages de plus en plus basse. Elle levait vers les cieux un regard inquiet, mais cela ne tenait pas tant du temps qui n'était que trop habituel dans les contrés nordiques, que de ce curieux compagnon qu'elle avait à son grand désarrois tenu à accompagner. Lui, qui alors que les matines ne résonnaient pas encore, s'était présenté dans la salle de pierre pour faire part à la Lady présente de son envie de chasser dans la forêt de Pestebois. Sombre idiot, tête de mule ou âne bâté, elle n'aurait su le dire, mais il n'avait pas souhaité l'écouter et avait maintenu cette envie inconsciente d'aller chasser dans les forêts de Pestebois. Son regard c'était alors posé sur sa garde, dont les regards affolés, plus qu'outragés, lui avait révélé qu'elle avait tout lieu de s'inquiéter pour ce jouvenceau que trop enthousiasme mais qui part sa folle candeur s'en allait vers une mort certaine. Elle avait tant tenu à ce qu'il parte avec quelques homme, lui expliquant qu'elle ne tenait pas à devoir informer le roi que son propre cousin était tombé au cours d'une partie de chasse sur les terres des Blackwood. Mais il avait tout bonnement refusé, et ce n'était qu'à grand renfort de sang-froid qu'elle s'était retenue de le gifler pour sa propre bêtise, comme elle s'en voulait encore de la bêtise qu'elle avait eut elle-même en lui proposant de l'accompagner. Il n'avait ainsi put commettre l'affront de refuser si charmante compagnie et à la fois celle de son hôtesse... Mais restait-il que Alceste ne se sentait pas vraiment la force de s'enfoncer profondément dans cette forêt qui avait avalé tant d'hommes sans jamais les libérer.

Frémissante, elle resserrait son lourd manteau de fourrures de renards blancs sur ses épaules, tentant de cacher son troubles alors que son visage arborait une pâleur plus que maladive. Tout son sang semblait s'être retiré, hormis à ses lèvres plaines qui restaient d'un éclat vif et qu'elle mordait inconsciemment révélant que quelque chose la tracassait. Pourtant, en elle, résidait un ultime espoir, et à la simple pensé qu'il pourrait rebrousser le chemin en voyant l'aspect maladif de la forêt. Les grands pins se tordaient sur leurs troncs, et avaient perdus toutes leurs épines qui tapissaient désormais le sol faisant glisser les sabots des chevaux aux cavaliers imprudents, alors que partout poussaient dans la moiteur des sous-bois cette immonde moisissure sombre qui rongeait tout sur son passage. L'odeur elle-même se faisait insoutenable mêlant celle de la moisissure à l'odeur rance de la chair pourrie, tout en cette forêt se faisait menaçant, rien ne donnait envie d'y pénétrer. Et pourtant, le regard droit et fier, il avait continué son chemin sans jamais vraiment se retourner vers elle qui tirait sur les rênes de sa jument qui tentait de fuir les lieux comme elle aurait fuit une meute de loup. N'y avait il que ce jeune fou au nom couronné et aux armoiries boisée pour faire fi de ce danger que tout montrait comme alarmant ? N'y avait-il rien qui a ses yeux paraissaient assez anormal pour lui donner envie de rebrousser chemin ? Pourtant elle se taisait, et continuait à le suivre, resserrant un peu plus ses rênes d'une main, tout en gardant main mise sur la garde de son épée qu'elle avait ressorti de sa boîte après un long sommeil.

Si la lisière de la forêt se montrait on ne peut plus repoussante, l'intérieur était bien pire. Plus aucun chants d'oiseaux ne venaient peupler les abysses des sous-bois, ne restait qu'un silence de mort que même les rugissements du vent n'arrivaient à habiter. Une épaisse couche de brume recouvraient les sabots des chevaux, qui à chacun de leurs pas se remuaient dans des volutes inquiétant qui révélait un sol jonchait de cette sombre moisissure qui semblait s'étendre jusqu'à la cime des plus hauts arbres. Si elle n'avait encore jamais vu l'intérieur de la forêt depuis que les villageois avaient commencé à se plaindre et à témoigner de la peur à l'idée de s'en approcher, elle en comprenait désormais toute l'ampleur du problème qui se révélait bien pire que tout ce qu'elle aurait put s'imaginer. Son regard se portait un peu partout où la noirceur n'avalait pas le moindre relief, sans plus tellement porter d'attention à cet homme qu'elle accompagnait dans un silence presque religieux tant la peur semblait l'avoir rendu muette. Et plus ils avançaient moins la lumière du jour semblait avoir d'incidence sur la nature, et plus tout semblait emprunt d'une image de mort, le bois craquait sous les sabots des chevaux qui se faisaient de plus en plus nerveux, et qui tiraient de plus en plus sur leurs liens en souhaitant obtenir la clémence de leurs maîtres.

Et il suffit bientôt d'un craquement de trop pour que la jument de la jeune femme se cabre, si la première fois Alceste réussit à rester en selle, la seconde ruade bien plus violente la fit tomber de selle la projetant non pas sur le sol mais dans un épais filet. Sonnée, elle put voir son cheval détaler plus vite qu'il n'avait jamais couru jusqu'à aujourd'hui, et le cœur battant à tout rompre d'Alceste venait faire vrombir ses tempes alors qu'elle cherchait cet air qu'elle avait perdu dans sa chute. Grande inspiration d'un air putride qui lui retourna par cents fois le cœur alors qu'elle tentait de s'extirper de ses liens qui se resserraient un peu plus à chacun de ses mouvements. Elle pestait et jurer, soulevant un peu plus la brume qui recouvrait son entrave révélant autant de toiles d'araignées que d'ossements tant d'animaux que d'hommes qui recouvraient le sol. Vision d'horreur qu'elle laissa échappé dans un petit cri aiguë alors qu'elle découvrait elle-même de quoi elle semblait désormais être prisonnière. « Au nom des neufs ! Mais qu'est ce donc que ceci !? », plus qu'un soupir d'effrois, sa voix rocailleuse se perdait dans le silence de ce cimetières qui se faisait de plus en plus pesant. Lourd d'un danger qui approchait insidieusement et sans que quiconque ne puisse rien y faire.
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MessageSujet: Re: I used to think I knew what fear felt like # Azrael   Lun 30 Déc - 0:15


i used to think i knew what fear felt like

PESTEBOIS
———— ɤ ————

« Monseigneur, est-vous sûr de vouloir vous rendre seul à Pestebois ? » L'angoisse teintait la voix de Rhael autant que son visage, prouvant bien que le soldat n'approuvait guère le choix de son seigneur. Ce dernier avait entièrement confiance en le chef de sa garde personnelle, un soldat d'expérience âgé d'une quarantaine d'années, mais son entêtement n'avait d'égale que sa soif d'aventures, et Azrael tenait vraiment à faire cela seul. Affichant un sourire encourageant et sincère, le jeune chevalier tenta de réconforter celui qu'il considérait plus comme un ami qu'un simple garde du corps. « Ne vous inquiétez pas, il ne s'agit que d'une petite partie de chasse. » Résigné, conscient que rien ne dévierait Azrael de son objectif, Rhael lâcha un soupir las, se contentant de hausser les épaules. Responsable de la sécurité de son seigneur, le soldat n'aimait pas ne plus l'avoir sous les yeux, surtout lorsqu'ils ne se trouvaient pas à Aubétoile. Et encore plus alors qu'Azrael s'apprêtait à s'aventurer dans la sombre forêt de Pestebois, dont les quelques récits parvenant à la capitale suffisaient à faire frissonner d'effroi le guerrier pourtant endurcit. « Selon vos souhaits. Mais sachez que nous nous tenons prêts, et qu'un coup de corne suffirait à nous faire galoper à votre rencontre. » D'un geste de la main, Rhael désigna la dizaine de cavaliers alignés une dizaine de mètres plus loin. Azrael aurait préféré voyager seul, ou accompagné d'un ou deux gardes, mais son père avait insisté pour qu'une délégation plus importante le suive depuis Aubétoile. « Et je n'hésiterai pas à faire appel à vous si le besoin s'en fait ressentir. » Tapotant l'encolure de son cheval qui commençait à piaffer d'excitation, un bel étalon à la robe grise, Azrael fit tourner sa monture en direction de la silhouette solitaire qui l'attendait sous le portail du domaine. « Je vous laisse, je ne veux nullement offenser dame Alceste en la faisant attendre plus longtemps. » Affichant un air décontracté, le jeune chevalier lança ensuite son cheval au trot, ses sabots d'ébène éclaboussant la terre détrempée par les récentes averses. Le temps n'était pas idéal pour une bonne partie de chasse, mais pour l'instant les lourds nuages sombres se contentaient de recouvrir la région de leur sombre manteau. Nul doute qu'ils n'hésiteraient pas à lâcher bientôt une pluie torrentielle, mais tant qu'ils pouvaient attendre un peu, cela suffisait à faire sourire Azrael. Le vent hivernal par contre n'épargnait personne, et le cousin du roi se réjouissait d'avoir revêtu de chauds vêtements, de sa lourde cape sombre jusqu'à ses gants doublés de fourrure. Arrivé à la hauteur de son hôte, Azrael stoppa sa monture, s'excusant poliment de ce petit retard. « Veuillez m'excuser, Rhael a encore une fois tenté de nous accompagner. Sachez toutefois que je désire nullement vous déranger, et que si l'envie de m'accompagner à Pestebois ne vous enchante guère, n'hésitez pas à me le dire. » Car le jeune seigneur savait bien qu'Alceste n'avait aucunement envie de venir avec lui, combien de fois ne le lui avait-elle pas affirmé ? Toutefois l'idée qu'il s'aventure seul sur les terres dites maléfiques de cette forêt semblait motiver la noble dame. Il ne s'agissait que d'une partie de chasse, et Azrael ne voulait pas là qu'affirmer ce qu'il pensait depuis fort longtemps : la réputation de Pestebois était exagérée, et rien de mal ne s'en dégageait. Si seulement.

❞ ❞ ❞
Les pins décrépis ne ressemblaient pas à ceux dont Azrael se souvenait lors de sa lointaine partie de chasse à Pestebois, alors qu'il n'était qu'un enfant devant s'y prendre à deux mains, et avec toute la peine du monde, pour soulever une lance. La plupart des arbres étaient nus, leurs aiguilles pourrissant à même le sol, se mêlant à la moisissure grimpant un peu partout, prenant possession des troncs, des branches. Les chevaux avançaient lentement, leurs sabots manquant de glisser sur ce sol végétal malsain, et le silence était palpable. Pas un oiseau ne chantait, pas un écureuil ne sautait de branche en branche, pas un insecte ne remplissait l'air de ses crissements. Seules les mouches semblait se délecter de l'odeur de pourriture que dégageait la végétation. Azrael ne voyait là qu'une explication possible. La forêt était malade, comme si un venin se répandait depuis le sol, infectant chaque racine, chaque buisson, chaque arbre. Jetant un regard vers Alceste, le jeune homme vit que la dame affichait un masque d'angoisse, le visage pâle où seules ses lèvres gardaient encore une trace de couleur. Il pouvait toutefois voir dans ses yeux que malgré son malaise, elle ne rebrousserait pas chemin. Azrael remarqua également que si elle tenait les rênes de sa monture d'une main ferme, l'autre se tenait sur la garde de son épée, comme prête à dégainer son arme au moindre danger. Pour sa part, bien que nullement rassuré par l'endroit où il se trouvait, Azrael n'avait pas perdu l'objectif de sa venue à Sombrebois : une partie de chasse. Raison pour laquelle il tenait, d'une main sûre, une longue lance à la pointe aiguisée, lui permettait d'atteindre une proie avant que celle-ci ne parvienne à l'atteindre, ou au contraire à s'enfuir.

Leur progression se fit encore un peu plus lente au fur et à mesure que les deux nobles s'enfonçaient dans la forêt. Une étrange brume recouvrait le sol, empêchant aux chevaux de voir où ils posaient leurs sabots, qui écrasaient en faisant craquer des branches mortes depuis longtemps. Cela ne faisait que quelques minutes qu'ils avançaient dans ce décors de mort, et Azrael commençait à douter lentement, mais sûrement, en ses chances de croiser une proie décente. Quelque chose clochait dans cette forêt. S'il n'était pas rare de voir un arbre tomber, infecté par une quelconque maladie, jamais encore le chevalier ne s'était retrouvé devant pareille situation. De toute évidence, un mal plus profond était à l'oeuvre ici, comme une maladie affectant les végétaux, causant pourriture et désolation. « Je crois que ... » Alors qu'il s'apprêtait à dire à la régente de la famille Blackwood qu'il ne servait à rien de continuer, la jument de cette dernière, apeurée par le sinistre craquement d'une branche, se cabra. Si elle résista au premier choc, Alceste ne put rien face à la deuxième ruade, si bien qu'elle fut envoyée dans le décors, éjectée hors de sa selle, tandis que sa monture détalait au triple galop. Le choc éparpilla quelque peu l'épaisse fumée s'étalant sur le sol de la forêt, et ce qu'il découvrit glaça le sang d'Azrael. « Au nom des neufs ! Mais qu'est-ce donc que ceci !? » Le sol était recouvert de toiles d'araignées ! Et pour ajouter un peu d'horreur à la chose, nombreux étaient les ossements, animaux et humains, entremêlés dans ces prisons blanches et poisseuses, fils dans lesquels Alceste commençait à patauger. D'un bond agile, Azrael mis pied à terre, avant de coller son front contre la tête de son étalon. Lui murmurant quelques mots doux, il se força à calmer autant sa monture que lui-même. Ne jamais paniquer, toujours rester maître de ses émotions. Combien de fois Dezial Rivers, le maître d'armes d'Aubétoile, ne lui avait pas répété cela alors que son élève s'apprêtait à exploser de colère ou de rage ? La peur n'est pas réelle, elle est le produit de ton imagination. Le danger, lui, est réel. Ces paroles provenaient de Qadir, son Maître Sombrelame, également Maître des Chuchoteurs de la capitale. Ne pas se précipiter, se concentrer sur un problème à la fois. Se rendant ensuite auprès de son hôte, Azrael planta sa lance dans le sol, avant de dégainer son épée. Forgée en bon acier, elle n'eut aucun mal à trancher les toiles enserrant les pieds de la noble dame. « Quittons cet endroit. » Alors qu'il tendait sa main à Alceste, un étrange cliquetis retentit quelque part au dessus de leurs têtes. Et avant même d'avoir aperçu ce qui provoquait ce bruit, Azrael sentit chaque fibre de son corps lui crier que le danger était imminent.
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avatarthe emperor
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MessageSujet: Re: I used to think I knew what fear felt like # Azrael   Mer 8 Jan - 0:03


TONIGHT WE WILL DINE IN HELL
Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, menaçant de s'en échapper à force de coups qui battaient un rythme infernale. Le souffle court, elle se contorsionnait entre les liens qui la maintenaient sans pour autant réussir à s'en extirper, s’emmêlant juste un peu plus alors que les fils qui la retenaient se resserraient autour de ses membres à chacun de ses mouvements. Douloureux pièges qui lui enserraient les poignets et les chevilles dont les liens à force de ses gestes cisaillaient ses chairs qui déjà se teintaient de marque violacées par dessus sa peau naguère diaphane. Ses lèvres charnues se tiraient en un rictus de douleur alors qu'un souffle chargé d'un gémissement de douleur s'élevait dans les airs alors qu'elle se laissait retomber dans ce matelas inconfortable de toiles immaculées. Ses longs cheveux comme son épais manteau de fourrure s'étaient collaient dans cet amas de soieries sorties de nulle part, la forçant ainsi à fixer le sol qui était jonché d'autant de cette pourriture qui montait sur les arbres que d'ossements et de restes de viscères que l'on avait, semblait-il, abandonné là, celles-ci n'était certainement pas aux goûts du prédateur qui se trouvaient dans les environs. Cette simple idée suffisait amplement pour la faire paniquer, sa respiration devenant soudainement plus bruyante au fur et à mesure que sa poitrine se soulevait de façon saccadée, désordonné qui n'allait pas vraiment de pair avec ce calme qu'elle tachait toujours de maintenir.

Quelque chose n'allait vraiment pas dans cette forêt, et maintenant, dans cette position de faiblesse dans laquelle elle se trouvait, à la merci de la malédiction et des illusions qui emplissaient l'air de cette forêt. Elle ne pouvait plus qu'attendre une chose, seule et unique, qui consistait à espérer que l'impétueux jeune homme qu'elle avait accompagné dans cette partie de chasse désastreuse se décide à la sortir de là. Attente fructueuse qui se dessinait à l'horizon alors qu'il descendait de son cheval, plantait sa lance dans le sol provoquant un craquement sinistre des os qui se brisaient sous le métal forgé, et ce fut par la lame ouvragée d'une épée qu'il vint trancher la prison qui la retenaient ainsi prisonnière. Ainsi délivrée, elle était tombée sur le sol sans pouvoir ce retenir à quoi que ce soit, tout n'était qu'horreur autour d'elle, et seule cette main qu'il lui tendait sembla proche d'une lumière salvatrice à laquelle elle se raccrocha. Une simple poignée de main, un effort subtil, et elle se remettait sur ses pieds tout en gardant dans ses mains froides le frêle souvenir de sa chaleur qui lui redonnait un peu de courage.

Pourtant ce courage allait être de nouveau malmené alors qu'au dessus d'eux se faisait entendre le doucereux cliquetis qui n'allait pas sans rappeler un savant mélange des rouages des moulins de la vallée et les crépitements d'un feu mourant. Levant des yeux curieux vers la source de ce bruissement, il lui fallu quelques instants, pas plus de deux ou trois secondes, pour pouvoir déceler au milieux du fatras de branches assombries par la noirceur qui les rongeait, quatre paires d'yeux aux reflets rouges qui alors que ses yeux s'y plongeaient provoquaient en elle un frisson qui vint mourir de la base de sa nuque. Elle ne put étouffait le cri qui lui remontait le long de la gorge, et à peine assourdi par cette main qu'elle avait prestement plaquée contre son visage, s'empêchant même de respirer correctement alors qu'elle cédait aux affres de la terreur. Et la créature, vilaine araignée qui n'avait plus rien de ses semblables qui vivaient dans les recoins des châteaux et des chaumières, déployait ses longues pattes velues dans ce même cliquetis incessant. Elle descendait avec une vivacité incroyable pour une créature de cette taille, menaçant de la morsure de cette gueule béante de laquelle s'échappait des couinements stridents qui n'avaient rien de très avenant. Glissant le long d'un large fil de soie qu'elle tissait avec ses pattes arrières, mouvement hypnotisant, qui se rompit au moment même où la corde lâchait.

D'un geste instinctif elle avait poussait le cousin du roi, et évitant de justesse le corps de ce monstre arachnéen qui était tombé lourdement sur le sol. Ses longues pattes agiles jouant avec les os qui roulaient sous le mouvement bien huilé de chacun de ses pas, se rapprochant ainsi rapidement, trop peut être des deux étrangers à cette forêt. Sentant le moment venu de mettre en œuvre tout ce que son père s'était évertué à lui apprendre à sa sœur ainsi qu'à elle, Alceste tirait sur son épée dont l'éclat argenté du feuillage qui y était gravé semblait plus lumineux que jamais dans cette forêt qui avait perdu son charme d’antan. « Je vous avais pourtant dit qu'il ne fallait pas entrer dans Pestebois ! », elle avait craché ces mots plein d'une rancune tenace, dans l'instant, à l'encontre de la famille royale, de leur inactivité ou dans ce cas présent de leur trop plein d'activité. Mais le temps n'était pas tant celui de la discussion que celui de la survie, ses doigts glissaient sur les lanières cuir qui recouvrait la garde de cette arme qui n'avait jamais vraiment servit si ce n'était pour les entraînements qui dataient d'un tout autre temps.

Et si la dame des sombres forêts doutaient de ses propres capacités, elle n'était pas encore assez naïve pour s'imaginer que se poser des questions sur sa prochaine survie ou défaillir sur l'instant l'aiderait à survivre. Bien loin d'elle l'idée, elle s'entêta à prendre une grande bouffée de cet air vicié et nauséabond qui régnait désormais dans les bois. Instinctivement elle s'était rapprochée de son compagnon d'infortune, allant jusqu'à le frôler alors qu'elle ne pouvait lâcher des yeux la créature immondes qui leur faisait face et qui lui bloquait le chemin qui les ferait marcher dans leurs pas vers les sentiers de la délivrance. Mais déjà la créature s'ébrouait mettant fin à cette profitable accalmie, et reprenait sa course vers ce qu'elle considérait comme un repas appétissant.
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MessageSujet: Re: I used to think I knew what fear felt like # Azrael   Dim 12 Jan - 10:59

Lorsque la noble dame se retrouva debout, Azrael l'imita et redressa la tête, afin de voir d'où provenait l'étrange cliquetis qui emplissait maintenant l'air lourd et moite de la forêt. Se démenant avec une certaine agilité entre les branches pourries, une araignée géante dévalait les troncs noircis. Si les récits parlant de monstres étranges et inquiétants vivant dans Pestebois lui arrivaient parfois aux oreilles, jamais encore Azrael n'aurait imaginé qu'une telle monstruosité puisse exister. Et encore moins qu'il se retrouvait à quelques mètres seulement de cet insecte géant. Le chevalier resta comme hypnotisé par les pinces se trouvait là où il estimait être la bouche de la créature, telles des lames mortelles. Il se "réveilla" lorsqu'Alceste Blackwood lâcha un cri de terreur, l'araignée se rapprocha de plus en plus. Délaissant le tronc lui servant d'appui, la monstruosité glissa dans le vide, retenue à un fil d'un blanc laiteux, jusqu'à se retrouver au sol. S'il n'aurait eut aucun soucis à esquiver ce monstre, la torpeur dans laquelle Azrael se trouvait l'empêchait même de résonner comme ses maîtres le lui avaient apprit, et seul la vivacité d'Alceste, qui le poussa sur le côté, l'empêcha de se ramasser l'araignée dessus. Glissant à moitié sur ce qui lui sembla être un tibia humain, Azrael se secoua la tête tandis qu'Alceste dégainait son épée. Finement ouvragée, elle redonna espoir au chevalier, qui s'emplit d'une hardeur nouvelle. « Je vous avais pourtant dit qu'il ne fallait pas entrer dans Pestebois ! » Il ne put qu’acquiescer, conscient qu'il aurait dut porter une oreille plus attentive à la régente des terres Blackwood. Mais le mal était fait, et ni le ton venimeux d'Alceste ni sa remontrance ne découragèrent Azrael. Après tout n'avait-il pas déjà chassé le chien à coeur en compagnie de son frère et d'Euroswydd ? Ce dernier avait enseigné aux jumeaux Hammer comment traquer les bêtes sauvages les plus dangereuses, ce n'était pas une araignée géante de Pestebois qui ferait peur à Azrael ! Après tout le groupe de chiens à coeur traqués quelques mois auparavant s'étaient montrés bien plus coriaces et dangereux.

Instinctivement, les deux nobles s'étaient rapprochés, leurs épaules se frôlant presque, comme si la proximité leur offrait une quelconque protection contre le mal régnant dans cette forêt. Mais l'araignée, loin de se préoccuper de cela, sachant pertinemment qu'elle bloquait le chemin permettait à ses proies de s'échapper vers la plaine, se mit en branle, ses membres arachnéens semblant flotter avec vitesse sur le sol englué de toiles, parsemé d'ossements, dont certains portaient encore un peur de chair. Azrael ne pouvait pas s'imaginer terminer ses jours ici, pas question. Quelques instants plus tôt, son cheval, affolé par la monstrueuse créature, s'en était allé au galop, brisant net la lance du chevalier au passage. La longue arme aurait permit au cousin du roi d'atteindre facile la tête de l'araignée, mais cette option n'était plus envisageable. Il fallait trouver un plan, quelque chose, et vite. Dans quelques secondes leur adversaire serait sur eux, et la taille de ses pattes couplée aux mandibules tranchantes lui donnait un avantage certain sur les deux humains. Azrael espérait que lorsqu'ils verraient la monture de leur dame, les gardes du domaine Blackwood se douteraient que quelque chose ne tournait pas rond. Tout comme Rhael et les soldats portant l'emblème des Hammer sur leurs vêtements. Oubliant d'éventuels renforts, Azrael se concentra sur la situation présente. Alceste semblait savoir se battre, ce qui augmentait les chances de survie du duo. La tête de la bête devait être le point faible, comme chez toute créature vivante. Le problème restait d'atteindre les huit yeux globuleux. Écartant l'hypothèse d'une attaque de front, il se ferait embrocher avant, Azrael tenta d'établir un plan. Il ne portait aucune armure en métal, ayant préféré des pièces en cuir bouilli lui permettant de gagner en mobilité. L'apprenti Sombrelame s'entraînait d'ailleurs régulièrement avec cela lorsqu'il se trouvait en compagnie de Samael, son Maître. S'il pouvait grimper des murs et d'autres obstacles plus compliqués, alors il pouvait se glisser sous le ventre poilu de cette araignée géante. Mais il fallait pour cela qu'Alceste comprenne son plan et lui fasse confiance. « J'ai une idée. » Rengainant son épée et coinçant le fourreau de manière à ce qu'il n'entrave pas ses mouvements, Azrael se passant les mains dans le dos, faisant glisser les deux dagues en sombrefer coincées dans sa ceinture. Ne reflétant aucune lumière, les lames jumelles semblaient plus menaçantes encore dans cette forêt, où tout n'était que pourriture et obscurité. « Si vous pouviez distraire ce monstre, j'arriverais à me glisser sous son ventre. » Si Alceste s'imaginait Azrael en parfait chevalier, faisant face au mal épée à la main, l'armure brillant sous l'éclat du soleil, alors elle allait être déçue. S'il ne devait en principe pas dévoiler son appartenance à la redoutable et redoutée Guilde des Sombrelames, seul l'entraînement prodigué par son Maître lui semblait adapté à ce qu'il voulait faire : tuer cette araignée le plus rapidement possible et en s'en sortant avec le moins de blessures. Et il ne se trouvait pas là en compagnie de Lizandre, son frère, ou d'Euroswydd, mais bien avec la régente des terres Blackwood, une noble dame dont la renommée n'était plus à faire. Il se devait de la sauver, même si elle semblait manier l'épée avec facilité. Alors qu'il scrutait le regard de son hôte en cherchant à y trouver un quelconque signal, Azrael sentit le danger proche. L'araignée était sur eux. « Maintenant ! » Se lançant sur le côté, espérant qu'Alceste en fasse de même, il recula de quelques pas, cherchant à mettre une distance de sécurité entre lui et cette monstrueuse créature. Son coeur battait à tout rompre, comme s'il cherchait à sortir de la poitrine d'Azrael. Son adversaire à quelques mètres maintenant, le jeune homme se remémora les enseignements reçus. Serrant fermement les poignées gainées de cuir de ses armes, il ferma les yeux, se forçant à respirer profondément. Le combat pouvait commencer, il serait prêt.
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